Page:Vanloo, Leterrier et Tréfeu, Le Voyage dans la Lune, 1877.djvu/45

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CACTUS.

Pas content du tout.


COSMOS.

Comment ! parce qu’un petit point se montre à l’horizon, la lune entière est à l’envers ! Depuis hier, dans cette ville seulement, il y a eu trois cent neuf cas de folie et sept cent quarante-neuf suicides… Est-ce que c’est une vie je vous le demande ?… une pareille pusillanimité me navre. Elle me navre, moi et mon excellent conseiller intime et ami, Cactus. (À Cactus.) Réponds franchement, est-ce que tu n’es pas navré ?


CACTUS.

Navré.


COSMOS.

Vous voyez, je n’ai pas opéré de pression.


DEUXIÈME SÉLÉNITE.

Pourtant il y a bien de quoi avoir peur.


LITELLA.

Je crois bien !


PREMIER SÉLÉNITE.

Et dire que c’est à ces gueux d’habitants de la terre que nous devons ça.


TOUS.

Comment ?


PREMIER SÉLÉNITE

Dame, je me suis laissé dire que ce point noir que nous voyons à l’horizon est tout simplement un fragment de la boule terrestre qu’ils ont détaché dans le but de nous exterminer tous.


TOUS.

Oh !


COSMOS.

Quand je vous le disais que vous êtes tous des imbéciles. Comme s’il était permis d’ignorer que la terre n’a pas d’habitants. Et cela, pour une raison bien simple… (Cherchant dans ses poches.) Où est ma carte de la terre ? Il faut vous dire que depuis plusieurs jours, j’ai étudié tout ce que nos savants les plus illustres ont écrit sur la terre… (Cherchant toujours.) J’ai compulsé, comparé. (À Cactus.) Où diable ai-je fourré ma carte ? (Cactus qui la porte sous son bras, la lui tend gravement.) Ah ! merci ! (Il déploie la carte. Les cinq parties du monde y sont représentées sous