Page:Varenne de Beost - La cuisine des pauvres, 1772.djvu/102

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tacle à tout encouragement, & l’anéantiſſement de la nature. Tout enfin préſageoit une famine prochaine & réelle.

En 1764, on rend aux Cultivateurs leur droit naturel, la liberté de tirer le plus grand avantage du produit de leur travail ; mêmes terres, même climat, mêmes Cultivateurs, mêmes Impôts : la nature change de face, la terre, les hommes & les animaux acquièrent une nouvelle force.

Les hommes tout-à-coup deviennent plus laborieux, les animaux plus vigoureux leur obéiſſent, & la terre plus fertile, fait diſparaître ſes crimes avec la ſuprême miſère.

Alors je me ſuis dit encore :

Cette fertilité a demandé des ſoins ; ces ſoins ont exigé des avances, & ces avances ont suppoſé une libre circulation qui vivifie toute la nature ; parce que c'eſt à la faveur de cette liberté, que le Cultivateur s'eſt refait des avances. C'eſt elle qui lui a fourni libéralement les moyens de rendre annuellement à la terre la fertilité. Alors, l’émulation a reparu, les Cultivateurs ont amélioré, ont étendu leur culture, Encouragés par leurs ſuccès, ils font leurs efforts pour augmenter leur bien-être, & ce bien-être a rendu la terre, les hommes & les animaux plus fertiles, les Propriétaires plus riches, & l’État plus abondant.

Voila, Monſieur, ce que j'ai à vous objecter contre les craintes que vous avez ſur les mauvais effets de la liberté du Comerce des Grains.

J'ai l’honneur d'être, &c ;



De Mondreville, le 2 Avril 1770.