Page:Variétés Tome IV.djvu/59

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L’estrange ruse d’un filou habillé en femme, ayant duppé un jeune homme d’assez bon lieu soubs apparence de mariage.
Sans lieu ni date, in-8.

Il est comme impossible d’esviter les ruses des filoux de Paris, puis qu’elles sont precautionnées de tant de douceur et de naifveté qu’il semble n’estre permis à un homme de bon jugement d’en avoir aucune sorte de doute, la malice des dits filoux estant montée en un point qui leur faict entreprendre des choses dont l’invention paroist estre plustost partie d’un cauteleux demon que de l’esprit d’un homme.

Il n’y a pas encores huict jours qu’un jeune homme d’assez bon lieu, faisant profession de lettres, que par raison secrette je nommeray Orcandre, estant en chemin pour s’en retourner en son logis, que l’on dit estre dans la rue Sainct-Jacques, il y auroit rencontré un filou habillé en femme, merveilleusement bien desguisé, qui, après une profonde reverence, luy dit (avec une effronterie inconcevable) : Monsieur, je crains que vous n’ayez perdu le souvenir de m’avoir veuë en la compagnie d’une