Page:Variétés Tome VI.djvu/135

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


Ce n’est pas de ceste œuvre, où l’art du lapidaire
Paroist riche, esclatant sur l’or jaune bruny,
Ains c’est une harquebuse au mieux que j’ay sceu faire,
Ensemble un pistolet leger et tout uny4.

Et si le beau n’y est, ainsi qu’il devoit estre,
À tout le moins le bon n’en est point separé.
L’enrichisseure au fust5 ne sert rien qu’à paroistre,
Et le fer bien trempé ne doit estre doré.

La bonté plus que l’or est aux armes requise.
En celles dont le beau tient la place du bon,
L’utile y cède au fard, et Mars aussi ne prise
Les armes riches d’or qu’au croc de la maison.

Donc, pour sçavoir connoistre et conserver durables
Toutes armes à feu en leur lustre et bonté,
En voicy, ô grand roy ! des advis convenables
À qui les portera pour Vostre Majesté.



4. Ces armes que Poumerol offre ici au roi n’ont pas été conservées, que je sache. Je ne connois comme ayant pu appartenir à Louis XIII qu’un mousquet à mèche à double détente, ayant sur la plaque de couche les armes de France et de Navarre ; puis un autre portant la date de 1627, avec le nom de Jean Simonin, à Lunéville ; enfin un autre encore, daté de 1616, signé sur le canon : D. Jumeau. Ce Jumeau est le même que nous avons trouvé dans la pièce du Feu royal, avec le titre d’arquebusier ordinaire de Sa Majesté. (V. plus haut, p. 13 et suiv.)

5. C’est-à-dire sur le bois (fustis), sur l’affût. Le mousquet de Jean Simonin, de Lunéville, dont il est parlé dans la note précédente, porte ainsi sur le bois des ornements sculptés d’un beau travail.