Page:Variétés Tome VI.djvu/279

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La plaisante nouvelle apportée sur tout ce qui se passe en la guerre de Piedmont, avec la Harangue du capitaine Picotin1 faicte au duc de Savoye sur le mescontentement des soldats françois.
À Bezié, par Claude Moret.
1615, in-8.

Çà, çà, çà, où sont-ils ? À la guerre ! à la guerre ! Me voicy tout prest à bien faire. À quoy tient-il qu’on ne m’employe ? Vite, vite, Picotin meurt de faim ! une bonne table, une bonne cuisine ! Qu’on se depesche ! j’ay plus d’envie d’escrimer des dentz que de jouer de


1. Le capitaine Picotin étoit sans doute un de ces aventuriers qui, pendant le chômage des guerres, alloient se mettre au service des petits États étrangers, notamment à celui des princes d’Italie, et leur prêtoient leurs secours mercenaires dans les querelles qu’ils avoient entre eux. Ainsi, c’est en France que l’Italie du XVIIe siècle, bien différente de ce qu’elle étoit aux époques antérieures, se recrutoit de condottieri. Les financiers italiens, alors si nombreux à Paris, se chargeoient pour l’ordinaire de ces embauchements. Malherbe nous parle d’une affaire de cette espèce que le banquier Cenami, dont il a été question