Page:Vauban - Traité des sièges et de l’attaque des places.djvu/24

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de sa grandeur, de sa situation, de son terrain. Les plus difficiles de tous les arts sont ceux dont les objets sont changeans, qui ne permettent point aux esprits bornés l’application commode de certaines règles fixes, et qui demandent à chaque moment les ressources naturelles et imprévues d’un génie heureux.

En 1688, la guerre s’étant rallumée, il fit, sous les ordres de Monseigneur, les sièges de Philisbourg, de Manheim et de Frankendal. Ce grand prince fut si content de ses services, qu’il lui donna quatre pièces de canon à son choix, pour mettre à son château de Bazoches, récompense vraiment militaire, privilège unique, et qui, plus que tout autre, convenait au père de tant de places fortes. La même année, il fut fait lieutenant-général.

L’année suivante, il commanda à Dunkerque, Bergues et Ypres, avec ordre de s’enfermer dans celle de ces places qui serait assiégée ; mais son nom les en préserva.

L’année 1690 fut singulière entre toutes celles de sa vie ; il n’y fit presque rien, parce qu’il avait pris une grande et dangereuse maladie à faire travailler aux fortifications d’Ypres, qui étaient fort en désordre, et à être toujours présent sur les travaux. Mais cette oisiveté, qu’il se serait presque reprochée, finit en 1691 par la prise de Mons, dont le Roi commanda le siège en personne. Il commanda aussi, l’année d’après, celui de Namur,