Page:Vauban - Traité des sièges et de l’attaque des places.djvu/46

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sert encore de chariots et de paysans commandés[1]. Si c’est une place peu considérable, dont la circonvallation puisse avoir quatre ou cinq lieues de tour, compris les bossillemens qu’on lui fait faire, il en faudra au moins commander quinze à dix-huit mille, et deux à trois mille chariots, même quatre mille, selon que la place est grande, et que la circonvallation doit avoir d’étendue, parce qu’il y aura toujours beaucoup des uns et des autres qui manqueront. Il faut avoir de la rigidité pour cela, et châtier sévèrement les défaillans, et ceux déserteront ; autrement plus de la moitié vous abandonnera dès les premiers jours. Quand les lignes sont achevées, on congédie les paysans ; mais il est bon de retenir cent chariots pour voiturer les gabions et fascines à la queue de la tranchée, et les blessés à l’hôpital, et cinq à six cents paysans pour faire des fascines et gabions, et pour entretenir les ponts et les chemins. On fait donner le pain double aux paysans, et rien de plus, tout ce qu’on leur fait faire étant ouvrages de corvée, qui ne sont payés que par leurs villages, avec qui ils ont accoutumé de s’accommoder.

J’estime toutefois qu’il serait raisonnable de payer ceux qu’on retient, à raison de six sous par jour, et le pain double ; cela leur fera prendre patience, et les empêchera des déserter.

  1. Des paysans commandés pour faire les ânes.