Page:Vauban - Traité des sièges et de l’attaque des places.djvu/54

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


comme à l’infanterie, personne n’étant exempt de cette corvée ; mais quand on peut avoir des paysans, c’est à eux qu’on le distribue à mesure qu’ils se présentent, à raison de cinq ou six pieds courans chaque homme.

La mesure commune des lignes[1], quant au plan, doit être de cent vingt toises d’une pointe de redan à l’autre ; dix à douze de plus ou de moins ne doivent pas faire une affaire, on doit observer de les placer toujours sur les lieux les plus éminens, et jamais dans les fonds, et que les angles des redans soient toujours moins ouverts que le droit ou carré. On donne pour l’ordinaire dix-huit, vingt à vingt-cinq toises de face à ces mêmes redans, sur quatre-vingt-dix à cent toises de courtine ; du surplus on accommode le circuit de la ligne à l’irrégularité du terrain : pourvu qu’elle se flanque bien, il suffit.

L’ouverture du fossé des lignes doit être de quinze, seize à dix-huit pieds, un peu plus, un peu moins, sur six à sept pieds et demi de profondeur, talutant du tiers de la largeur.

De cette façon[2], leur fossé aura dix-huit pieds de large à l’ouverture ; sa largeur au fond sera de six pieds ; ce qui donne douze pieds de commune largeur, et sept pieds et demi de profondeur, revenant par toise courante à deux toises et demie cubes, qui est l’ouvrage qu’un paysan peut faire en sept jours à ne pas beaucoup travailler ; car je

  1. Tracé des lignes à redans
    Pl.Ire
    Fig.Ire
  2. Pl.2. Tâche d’un terrassier, ??auvais ou ??rier