Page:Verhaeren - Contes de minuit, 1884.djvu/18

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crue et cinglante de grandes verandahs vertes et d’énormes corridors, plaqués de marbres pâles.

Seulement, du côté du jardin, il avait maintenu une aile entière dans le style primitif, et l’avait fait restaurer moulure par moulure et pierre par pierre. Et c’était là qu’il se cloîtrait dans la familiarité des choses aimées. Son cabinet de travail était superbe. Il y régnait le jour filtré des anciennes demeures. Par un vitrail découpé en petits carreaux, passaient des rayons d’or comme des cheveux roux à travers les mailles d’un filet. De lourdes draperies tenaient de la nuit suspendue ; des mares d’ombre noircissaient le parquet. Dans les coins, à peine apercevait-on remuer des ricochets de lumière parmi les pendeloques des girandoles.

Vinckx n’aimait que l’art gras, l’art que procure la paix d’une bonne di-