Page:Verhaeren - Les Aubes, 1898, éd2.djvu/119

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Voici l’un de ceux dont je suis sûr. Il en sait plus que nous tous sur l’esprit des deux armées. (À l’émissaire) : Racontez-leur ce que vous avez surpris.

Hérénien se promène de long en large dans la chambre.



L’ÉMISSAIRE


Mardi dernier, la nuit, mon frère fut envoyé en reconnaissance,
aux avant-postes. Il poussa très loin, pour reconnaître si le retranchement que nous bombardions cédait et permettrait une sortie générale par la porte de Rome.


HÉRÉNIEN, (interrompant)


C’est la sortie dont je vous parlais.


L’ÉMISSAIRE, (continue)


Dans le noir, brusquement, une voix l’interpelle mais doucement,
comme ayant crainte de l’effrayer et de provoquer sa fuite. Quelques paroles s’échangent rapides et amies. On lui demande si, vraiment, dans Oppidomagne, il n’est point quelques hommes de volonté qui en ont assez de la guerre.