Page:Verlaine - Œuvres complètes, Vanier, I.djvu/379

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L’ANGELUS DU MATIN


À Léon Vanier.


 
Fauve avec des tons d’écarlate,
Une aurore de fin d’été
Tempétueusement éclate
À l’horizon ensanglanté.

La nuit rêveuse, bleue et bonne,
Pâlit, scintille et fond en l’air,
Et l’ouest dans l’ombre qui frissonne
Se teinte au bord de rose clair.

La plaine brille au loin et fume.
Un oblique rayon venu
Du soleil surgissant allume
Le fleuve comme un sabre nu.

Le bruit des choses réveillées
Se marie aux brouillards légers
Que les herbes et les feuillées
Ont subitement dégagés.