Page:Verlaine - Œuvres complètes, Vanier, II.djvu/87

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III


 
Ô la Femme ! Prudent, sage, calme ennemi,
N’exagérant jamais ta victoire à demi,
Tuant tous les blessés, pillant tout le butin,
Et répandant le fer et la flamme au lointain,
Ou bon ami, peu sûr mais tout de même bon,
Et doux, trop doux souvent, tel un feu de charbon
Qui berce le loisir, vous l’amuse et l’endort,
Et parfois induit le dormeur en telle mort
Délicieuse par quoi l’âme meurt aussi !
Femme à jamais quittée, ô oui ! reçois ici,
Non sans l’expression d’un injuste regret,
L’insulte d’un qu’un seul remords ramènerait.
Mais comme tu n’as pas de remords plus qu’un if
N’a d’ombre vive, c’est l’adieu définitif.
Arbre fatal sous qui gît mal l’Humanité,
Depuis Eden jusques à Ce Jour Irrité.