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III

À FRANÇOIS COPPÉE


Les passages Choiseul aux odeurs de jadis,
Oranges, parchemins rares, — et les gantières !
Et nos « débuts », et nos verves primesautières,
De ce Soixante-sept à ce Soixante-dix,

Où sont-ils ? Mais où sont aussi les tout petits
Événements et les catastrophes altières,
Et le temps où Sarcey signait S. de Suttières,
N’étant pas encore mort de la mort d’Athys !

Or vous, mon cher Coppée, au sein du bon Lemerre
Comme au sein d’Abraham les justes d’autrefois,
Vous goûtez l’immortalité sur des pavois.

Moi, ma gloire n’est qu’une humble absinthe éphémère
Prise en catimini, crainte des trahisons,
Et, si je n’en bois pas plus, c’est pour des raisons.