Page:Verlaine - Œuvres complètes, Vanier, III.djvu/320

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À Mme JEANNE


Je vous ai promis mon baiser pour ce soir,
En revanche vous m’avez promis la récompense
Certes imméritée, et voici que j’y pense !
Et depuis lors je vis en un si doux et vague espoir !

Mais que pour l’avenir serait donc noir
Si, pendant que je rêve à la bonne bombance
Espérée et promise, et voici que je panse
La blessure que me ferait de ne pas voir

De mes yeux, presque en pleurs dans cette incertitude,
Vos yeux sourire avec plus de mansuétude
Que de coutume avec l’œuvre et de plus l’auteur.

Et j’ai fait ces vers-ci, qu’il fallait que je fisse.
Ne vous faisant d’ailleurs pas d’autre sacrifice
Que de vous plaire un peu, bien qu’un peu radoteur.