Page:Verlaine - Œuvres complètes, Vanier, IV.djvu/281

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L’AUTRE UN PEU


Décidément Napoléon Ier est l’homme qu’il faut. Je n’entends pas parler du général incontestable, non plus que de l’administrateur, du législateur improvisés qui feront l’étonnement des générations les plus lointaines. C’est sur le seul et pur homme privé, si amusant, que je veux laisser bavarder un peu, légèrement, et comme en rêve, ma plume d’inquiet et de vagabond.

Et d’abord, oui, j’aime ce petit homme à cent projets, bohème de l’épaulette, habitué j’imagine un peu écœuré mais convaincu des clubs et des bouchons révolutionnaires ; j’adore le sombre gamin du 10 Août 1792 et son « coglione» à l’adresse du piteux Louis XVI Et son audacieux mariage avec Joséphine, la femme entretenue dont lui, ce concentré à froid, devint fou, et qui sut lui tenir la dragée assez haute, à ce déjà terrible happeur de toute chose. Et le déjeuner de porcelaine brisé en mille miettes chez le diplomate autrichien. Et la comique réminiscence de Brienne à la tribune des Cinq-Cents : « Je suis le Dieu Mars ! » dont le rusé