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charles baudelaire

trépieds ? ces quelques mots dédaigneux et cinglants. Quels coups de cravache, sonores et doux à l’oreille, appliqués — combien dûment ! — sur les reins de ces énergumènes de comédie qui vont hurlant : Deus, ecce Deus ! au nez du bourgeois qui s’effare et croit que c’est arrivé ! Et puis, à quelle hauteur la théorie qu’ils entraînent ne relève-t-elle pas le poète, trop longtemps réduit, par d’absurdes préjugés, à ce rôle humiliant d’un instrument au service de la Muse, d’un clavier qu’on ouvre et qu’on ferme, qu’on achète, peut-être, d’un orgue de barbarie, d’une serinette, que sais-je, moi ! (Les idées indécentes engendrent des métaphores analogues, pardon !) La Muse, ah ! ne profanons pas plus longtemps ce mot auguste, non plus que le mot d’Apollon, les deux plus magnifiques symboles peut-être que nous ait légués l’antiquité grecque ; la Muse, c’est l’imagination qui se souvient, compare et perçoit. Apollon, c’est la volonté qui traduit, exprime et rayonne ! Rien de plus. C’est assez beau, je crois.


Les « Passionnistes » n’ont pas plus à se louer de Charles Baudelaire que leurs complices les Utilitaires et les Inspirés :


« Le principe de la poésie est, strictement et