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charles baudelaire

assez volontaire pour avoir de ces revirements et produire de tels contrastes doit être passé maître en tout ce qui concerne son métier. Aussi, je défie de citer un vers — un seul ! — de tout le recueil des Fleurs du Mal, quelque bizarre que paraisse sa construction, quelque tourmentée que semble son allure, qui n’ait été, tel quel, mis là à dessein et prémédité de longue date. Et à ce propos, je me souviens d’avoir lu — en Belgique, il est vrai (« Pauvre Belgique ! » décidément), — un article de revue où l’on raillait, avec une grâce et une superficialité parfaites, justement ce rejet d’une strophe à l’autre, cité plus haut :


. . . . . . . . . Tout cassés
Qu’ils sont. . . . . . . . . .


Vraisemblablement, le critique belge ignore ce que c’est qu’une onomatopée, » grand mot qu’il prend pour terme de chimie. » Hélas ! que de critiques français, et des plus « conséquents, » sont belges en ces matières !

Nul, parmi les grands et les célèbres, nul plus que Baudelaire ne connaît les infinies complications de la versification proprement dite. Nul ne sait mieux donner à l’hexamètre à rimes plates cette souplesse qui seule le sauve de la monotonie. Nul n’alterne plus étonnamment