Page:Verlaine - Œuvres posthumes, Messein, II.djvu/60

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voyage en france par un français


Il est clair qu’un catholicisme ainsi desséché, rétréci, ne pouvait avoir d’action sur les mœurs non plus que sur les idées. La détestable Régence et le triste modèle d’un roi livré aux pires courtisanes avaient fait descendre la corruption de la cour à la ville, et de la ville aux champs. L’obscène littérature des philosophes, le relâchement des couvents, l’escarpement, pour ainsi parler, des sacrements essentiels prisonniers d’une secte impitoyable dont les derniers tenants (en Hollande) symbolisent bien l’erreur affreuse par des pratiques caractéristiques, telles que, à la messe, d’élever l’hostie et le calice de la seule main droite, la main gauche représentant ceux pour qui le Christ n’est pas mort, — de par la prédestination et la grâce interprétées tout de travers, — le respect pour le pape et pour le roi foulé aux pieds par les parlementaires affidés après les théologiens de la chose, l’exemple de l’imprudence hautement donné par ceux-ci comme par ceux-là en prétendant rester dans l’Eglise qui les anathématisait et dans le royaume qui les condamnait par son chef, le doute bien naturel où de telles attitudes consacrées par le talent incontestable et la respectabilité des principaux rebelles ne pouvait manquer de faire flotter les esprits du vulgaire, l’hésitation subséquente à remplir les plus clairs