Page:Verlaine - Œuvres posthumes, Messein, I.djvu/211

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souvenirs

catelle qui serait presque un torrent, il est duelliste de naissance, amoureux de complexion, poète de race et reporter à ses heures perdues. Les belles, toutes ! de Montmartre et du Quartier n’ont point d’arcanes pour lui : leur alcôve est toute sonore de ses sonnets qu’enflamme, par surcroît, la pyrotechnie du plus pur symbolisme, leurs mains et, je crois bien, leurs pieds, tous roses de ses baisers, sans préjudice de leurs autres trésors et de ses autres caresses. Un don Juan à trois yeux, un pacha à… combien de… cœurs.

La première fois que je le vis, nous nous gourmâmes. La seconde fois nous dinâmes ensemble. Depuis notre amitié subit des fortunes diverses ; telle toute chose humaine, mais le beau fixe a fini par triompher, et je défie bien l’appendice zygomatique de ce charmant compagnon, quelle qu’en soit l’acuité et quelque pénétrante que puisse être la psychologie de son regard pourtant pénétrant en diable, de découvrir la moindre arrière-pensée dans l’expression actuelle de ma véritable sympathie pour la gentillesse de ses procédés — et de son esprit, ce qui ne gâte rien.