Page:Verlaine - Œuvres posthumes, Messein, I.djvu/339

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comme ça


— Tu ne m’attendaispas sitôt. Au moins, tu ne m’as pas fait de traits ? Zalouse, moi, tu sauras. Mais dors, chou, tandis que je vais m’habiller ici. Ça n’incommode pas monsieur ? Oh ! moi, tu sais, ce n’est pas pour toi, c’est parce qu’il y a du feu dans ta chambre.

Et en disant du « feu », elle s’appuya sur sa cuisse et le baisa une vingtaine de fois à gros bruit.

X. ravi, souriait. C’était charmant, ce « coucher » qui tournait au « collage » avec certes une des plus belles femmes du monde, et qui paraissait si bien !

Une seconde toilette eut lieu. Cette fois, la chemise était bordée au col, aux épaules et en bas, d’une broderie légère et rendait un frais parfum de new mownhay. X. dut en prendre l’étrenne, ce à quoi il s’était résigné sans grand chagrin, quoique bien fatigué pour un convalescent. Une espèce de robe de chambra en étoffe de laine grise à ramages rouges, dessinant bien la taille, assez étroite de jupe, suivit, et les pieds se chaussèrent de hauts chaussons très justes et pomponnés de moire verte. La fille alors dit : « Dors. Je te réveillerai pour déjeuner », prit un livre et s’endormit bientôt dans un fauteuil, presque en même temps que X, dans son lit.