Page:Verlaine - Œuvres posthumes, Messein, I.djvu/346

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histoires

À sa presque guérison, un changement, en premier lieu quasi-insensible, s’opéra dans Marie.

Un peu avant qu’il ne fût retombé, elle était rentrée de nuit avec un œil poché qu’elle lui fit voir en riant, « un cognard », disait-elle en sa langue mi-patoisante de quand ivre.

— Célestin, au moins ! dit X., presque content, — de quoi ? d’avoir deviné ? — car un signe lui répondit en même temps qu’il interrogeait. Eh bien ! oui, d’avoir deviné, là ! d’avoir trouvé et d’avoir en quelque sorte pris ce Célestin, regretté toujours, aimé quand même, en flagrant délit d’affreux procédés, qu’une femme, quoiqu’on en dise et quelle qu’elle soit, pardonne peu souvent. Presque content, en vérité, et une seconde après point trop surpris, mais point trop. Ah ça !…

Était-il amoureux ? L’était-il, voyons ? Amoureux de cette pauvre fille, lui, lui en somme, lui enfin. Lui ? Ah ! que oui qu’il était amoureux d’elle ! Dans toute la force du terme. Mais alors jaloux, puisque joyeux d’une chose qui devait diminuer son rival, — rival ! — aux yeux aimés, aux yeux décidément aimés ! déchéance ! Mais non, pas déchéance, puisque joyeux, puisque joyeux donc ! Mais alors, c’est qu’il acceptait un partage, ce partage-là ? Ah ! il s’en apercevait à