Page:Verlaine - Œuvres posthumes, Messein, I.djvu/363

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comme ça

— Et la main remuait toujours ? chantonna curieusement cet animal de Fritz.

Cette fois, personne ne releva l’interruption, et Hans, après avoir humé légèrement un peu de la bière de sa chope à couvercle d’étain, reprit :

— Oui, messieurs, la main remuait toujours, ou du moins me parut remuer, de même les doigts s’élever et s’abaisser un par un ou tous ensemble dans un sens différent et intelligent, se décrampir, en un mot, d’un long engourdissement.

Pour le coup, je restai surpris et, pour ainsi dire, cloué au tapis, m’en voulant ou plutôt en voulant à mon organisme d’une pareille aberration. La main continuait, je ne puis que dire continuait, et vous allez voir que je ne puis que m’exprimer ainsi, à remuer de plus en plus et comme à reprendre force et direction. N’y tenant plus et voulant en avoir le cœur net, je levai le globe de cristal qui recouvrait l’étrange relique et mis ainsi cette dernière en plein air. Ne virat-elle pas aussitôt sur son moignon de poignet recouvert d’une ample manchette de dentelles !