Page:Verlaine - Œuvres posthumes, Messein, I.djvu/377

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comme ça

l’autre était mort, à l’insu de Jacques, avant ce pardon, de façon à n’en pouvoir bénéficier dans l’autre vie que Jacques croyait qu’il y avait après cette vallée de larmes.

Il avait un enfant que les circonstances seules l’empêchaient de voir depuis des années et des années. Cet enfant était à cette heure une fille dans les treize ans, qu’il avait connue, choyée et gâtée dans sa première enfance, blondinette laide gentiment et d’un gentil petit caractère colère et doux, mais qu’une éducation sans père et sous une mère incompétente menaçait de pervertir. Ah ! qu’il était embarrassé, quand il apprit que la petite venait de succomber à une grosse bronchite en pliant pour lui !

Dès lors tout devoir lui fut facile. Il consacra ses derniers mois à plaire au gens à qui plaire était une bonne action, distribua jusqu’aux centimes son argent aux pauvres, lui-même et de la main à la main, ne réservant que la somme dont il a été question tout à l’heure et à laquelle il en avait ajouté une autre très considérable, à charge d’exécuter un codicille qui annulait le legs fait à l’enfant décédée et prescrivait l’inhumation de celle-ci au caveau de la famille Trébois.

Il avait aussi préparé l’argent nécessaire propre inhumation dans le même caveau, après