Page:Verlaine - Œuvres posthumes, Messein, I.djvu/406

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histoires

sur un cou court, du plus pur satin rose crème vivant ; des seins évidemment riches, ramenés serrés très en avant, et le ventre bien dur sous d’habituels jerseys bien tendus. Ses jupes collantes sous les tournures et les nœuds moulaient par intervalle.-, des jambes qui devaient être émouvantes au possible et qui l’étaient, thésaurisatrices et piédestal de trésors frissonnants et frisonnants qui rendaient le beau Charles fou… et parfois jaloux ! Sa voix était charmante, d’argent plutôt que d’or à cause d’un très léger éraillement causé par les rogommes de toute sorte qu’elle avalait et qui n’avaient pu entièrement la ternir. Voix insinuante, insidieuse comme malgré elle et restée enfantine vraiment avec le velours de la vierge puberté : car la voix a sa puberté comme le sexe…

En un mot la gouge délicieuse, irrésistible, mais que la perfection même de sa disposition amoureuse avait, seule, empêchée de réussir, pécuniairement parlant, — jointe à ce goût de crapule que les plus pures comme les plus grandes et les plus grands n’étouffent pas toujours à leurs tréfonds.

Dans ces conditions Charles était perdu et de la simple vilenie dégringola bientôt jusqu’au vol et jusqu’au meurtre.

Des prosmicuités que l’on devine, des cama-