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charles baudelaire

cette série ; je me contenterai de vous renvoyer principalement aux poèmes XXII, XXIII, XXIV, XXVIII, XXXII et XLIX de la seconde édition des Fleurs du mal, et en particulier au sonnet LXIV, qui contient ces vers magnifiques d’orgueil et de désillution :


Sois charmante, et tais-toi ; mon cœur que tout irrite,
Excepté la candeur de l’antique animal,
Ne veut pas te montrer son secret infernal.


Maintenant, veut-on savoir comment notre poète comprend et exprime l’ivresse du vin, autre lieu commun, chanté sur tous les tons, d’Anacréon à Chaulieu ? Le grand Gœthe, qu’on rencontre partout, a, dans le Divan, composé un livre de l’Echanson, qui est un chef-d’œuvre, bien que les idées se rapprochent plutôt d’Horace que de Hafiz ou de Nisami. Georges Sand, dans ses Lettres d’un voyageur, Théodore de Banville, dans ses Stabactites, ont, chacun à sa façon, celui-ci lyriquement, celle-là, au point de vue philosophique et moral, exécuté de superbes variations sur cet air connu. Toute autre est la façon dont Charles Baudelaire a célébré le vin. Il lui a d’abord consacré une partie spéciale de son recueil où, passant en revue toutes les situations poétiques données où l’ivresse est ap-