Page:Verne - Bourses de voyage, Hetzel, 1904, tome 1.djvu/249

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vent entre eux à ce propos. C’était véritablement jouer gros jeu, si la mauvaise chance s’en mêlait. Sans doute, il y avait cette somme de sept mille livres à toucher, et elle valait la peine que l’on courût quelque risque… Mais enfin, si, pour tout avoir, on allait tout perdre — même la vie ?… Si les pirates de l’Halifax, les fugitifs de Queenstown, venaient à être reconnus, s’ils retombaient entre les mains de la justice ?… Et l’on répétait qu’il était encore temps de se mettre hors de danger… La nuit prochaine, il suffirait d’appréhender les passagers sans défiance et sans défense, et de les jeter à la mer… Puis l’Alert virerait cap pour cap.

Il est vrai, à toutes ces raisons, à toutes ces craintes que manifestaient ses compagnons, Harry Markel se contentait de répondre :

« Fiez-vous à moi !… »

Tant de confiance en lui-même, appuyée sur tant d’audace, finissait par les gagner, et ils disaient en langage de marin :

« Bon !… Laisse courir !… »

Dans la journée du 25 juillet, les Antilles ne restaient plus qu’à une soixantaine de milles à l’ouest-sud-ouest. Avec la fraîche brise qui le poussait, nul doute que l’Alert