Page:Verne - Bourses de voyage, Hetzel, 1904, tome 1.djvu/294

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


mission de tenir la barre, ce dont ils ne laissèrent pas d’être très fiers.

La distance entre Sainte-Croix et Saint-Martin ne dépasse guère deux cents milles marins. Dans les circonstances les plus favorables, un voilier peut la franchir en vingt-quatre heures, lorsqu’il est de grande marche. Mais, avec vent contraire, et à refouler le courant qui se propage vers le golfe du Mexique la traversée fut allongée du triple.

Au surplus, l’Alert avait presque toujours en vue de nombreux navires à vapeur ou à voiles. Ces parages sont très fréquentés, et la navigation est active entre les îles depuis Saint-Thomas jusqu’à la Trinité.

Quant à Harry Markel, il ne se départissait pas de sa prudence habituelle ; il évitait de passer à portée de la voix ou de la vue de ces bâtiments ; il préférait se tenir sous le vent, afin d’éviter toute communication avec eux. Cette prudence ne faisait que donner satisfaction à son équipage. Après s’être heureusement tiré des relâches de Saint-Thomas et de Sainte-Croix, n’y avait-il pas lieu d’espérer qu’il en serait de même dans les autres îles ?… Aussi John Carpenter, Corty, les autres également, étaient-ils revenus de leurs premières appréhensions, et la con-