Page:Verne - Bourses de voyage, Hetzel, 1904, tome 1.djvu/81

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est prudent de rester ici !… Si la police vient fouiller cette taverne comme toutes les autres du quartier, nous ne nous laisserons ni surprendre ni prendre. Il y a une issue par derrière, et nous décamperons à la moindre alerte ! »

Pendant quelques instants le capitaine et ses deux compagnons se contentèrent de vider leurs verres remplis de grog au wisky. Ils étaient à peu près invisibles en cette partie de la salle, éclairée seulement de trois becs de gaz. De toutes parts s’élevait un brouhaha de voix, un bruit de bancs remués, que dominait parfois quelque rude interpellation au tenancier et à son aide, qui s’empressaient pourtant de servir leur grossière clientèle. Puis, çà et là, éclataient des disputes violentes suivies d’un échange de coups. C’était ce que Harry Markel redoutait le plus. Ce tapage eût attiré les policemen de garde dans le quartier, et ces malfaiteurs auraient alors couru le sérieux risque d’être reconnus.

La conversation reprenant entre ces trois hommes, John Carpenter dit :

« Pourvu que Corty ait pu trouver un canot et s’en emparer !

— Ce doit être fait à cette heure, répondit