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césar cascabel.


Tout cela s’était fait adroitement, rapidement, avec grande présence d’esprit.

C’est qu’il n’y avait pas de temps à perdre, l’ours venait de s’accrocher à la fourche et, de là, il cherchait à se hisser au milieu de la ramure.

Mais, en ce moment, s’étant cramponné à l’extrémité de la branche redressée, Sandre la laissa se détendre ainsi qu’un ressort, et fut lancé au-dessus du creek, comme une pierre par une catapulte. Puis, ayant tourné une fois sur lui-même par un vigoureux coup de reins, il retomba au bord de la rive droite du creek, tandis que l’ours, tout penaud, regardait sa proie s’envoler par les airs.

« Ah ! le polisson ! »

Ce fut par ce compliment que M. Cascabel accueillit le retour du jeune imprudent à l’instant où lui-même venait d’arriver, avec Jean et Clou, sur la berge du creek, après avoir vainement cherché le gamin du côté du campement.

« Polisson !… reprit-il. Quelle peur tu nous as causée !…

— Eh bien, père, tire-moi les oreilles ! répondit Sandre. Je l’ai mérité ! »

Mais, au lieu de s’en prendre aux oreilles de son fils, M. Cascabel ne résista pas au désir de l’embrasser sur les deux joues, disant :

« Ne recommence pas ou, cette fois…

— Tu m’embrasseras encore ! » répondit Sandre, en donnant un gros baiser à son père.

Puis il s’écria :

« Hein !… Est-il assez attrapé, mon ours !… A-t-il l’air assez bête, ce Martin de pacotille ! »

Jean aurait bien voulu tuer l’animal, qui s’était éloigné ; mais il ne fallait pas songer à le poursuivre. La crue augmentant, le plus pressé était de fuir l’inondation, et tous quatre retournèrent vers la Belle-Roulotte.