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deux ans de vacances.

VI

Discussion. – Excursion projetée et remise. – Mauvais temps. – La pêche. – Les fucus gigantesques. – Costar et Dole à cheval sur un coursier peu rapide. – Les préparatifs pour le départ. – À genoux devant la Croix du Sud.


Le soir même, après souper, Briant fit connaître aux grands le résultat de son exploration. Elle se résumait à ceci : dans la direction de l’est, au-delà de la zone des forêts, il avait très visiblement aperçu une ligne d’eau qui se dessinait du nord au sud. Que ce fût un horizon de mer, cela ne lui paraissait pas douteux. Ainsi, c’était bien sur une île, non sur un continent, qu’était venu si malencontreusement s’échouer le Sloughi !

Tout d’abord, Gordon et les autres accueillirent avec une vive émotion l’affirmation de leur camarade. Quoi ! ils étaient sur une île, et tout moyen leur manquait pour en sortir ! Ce projet qu’ils avaient formé d’aller chercher vers l’est la route d’un continent, il y fallait renoncer ! Ils en seraient réduits à attendre le passage d’un navire en vue de cette côte ! Était-il donc vrai que là fût désormais leur unique chance de salut ?…

« Mais Briant ne s’est-il pas trompé dans son observation ? fit observer Doniphan.

— En effet, Briant, ajouta Cross, n’as-tu pas pu prendre pour la mer une barre de nuages ?…

— Non, répondit Briant, je suis certain de n’avoir point fait erreur !