Page:Verne - Histoire des grands voyages et des grands voyageurs, Hetzel, 1870, tome 1.djvu/148

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frontière de l’Afghanistan, et il parvint jusqu’aux rivages de Sindhi, l’Indus moderne, qu’il descendit jusqu’à son embouchure. De la ville de Lahari, il se dirigea vers Delhi, la grande et belle cité que ses habitants avaient alors désertée, pour échapper aux fureurs de l’empereur Mohammed.

Ce tyran, généreux et magnifique à ses heures, accueillit très favorablement le voyageur arabe. Il ne lui épargna pas ses faveurs, et le nomma juge à Delhi avec concession de terres et avantages pécuniaires attachés à cette charge. Ces honneurs ne devaient pas durer longtemps. Ibn Batuta, compromis dans une prétendue conspiration, crut devoir abandonner sa place, et il se fit faquir pour échapper à la colère de l’empereur. Mais Mohammed eut le bon goût de lui pardonner et de le nommer son ambassadeur en Chine.

La fortune souriait donc encore au courageux théologien ; il allait pouvoir gagner ces pays lointains dans des conditions exceptionnelles de bien-être et de sécurité. Il était chargé de présents pour l’empereur de la Chine, et deux mille cavaliers devaient l’accompagner.

Mais Ibn Batuta comptait sans les insurgés qui occupaient les contrées environnantes. Un combat eut lieu entre les gens de son escorte et les Hindous. Ibn Batuta, séparé de ses compagnons, fut pris, dépouillé, garrotté et entraîné. Où ? il ne le savait. Cependant, ne perdant ni espoir ni courage, il parvint à s’échapper des mains de ces pillards. Il erra pendant sept jours, fut recueilli par un nègre, et enfin ramené à Delhi, au palais de l’empereur.