Page:Verne - Histoire des grands voyages et des grands voyageurs, Hetzel, 1870, tome 1.djvu/174

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leur plaire beaucoup. Ils mangeaient des dattes et des fruits du pays, qui leur semblaient excellents, « et rien ne leur faisait mal. »

Après avoir séjourné quelque temps à Lancerote, Jean de Béthencourt partit avec ses nouveaux compagnons pour visiter Fortaventure. Ici, l’accueil qu’il reçut ne fut pas moins joyeux, surtout de la part des Canariens et de leurs deux rois. Ceux-ci soupèrent avec le baron à la forteresse de Richeroque, que Jean le Courtois avait fait réparer.

Le baron de Béthencourt annonça alors son intention de conquérir la Grande-Canarie, comme il avait fait de Lancerote et de Fortaventure. Dans sa pensée, son neveu Maciot, qu’il avait amené de France, devait lui succéder dans le gouvernement des îles, afin que ce pays ne fût jamais sans le nom de Béthencourt. Il fit part de ce projet au lieutenant Jean le Courtois, qui l’approuva fort, et ajouta : « Monsieur, s’il plaît à Dieu, quand vous retournerez en France, je retournerai avec vous. Je suis un mauvais mari : il y a cinq ans que je ne vis ma femme, et, à la vérité, elle n’en souffrait pas trop. »

Le départ pour la Grande-Canarie fut fixé au 6 octobre 1405. Trois navires transportèrent la petite troupe du baron. Mais le vent les porta tout d’abord vers la côte africaine, et ils dépassèrent le cap Bojador, où Jean de Béthencourt débarqua. Il fit une reconnaissance de huit lieues dans le pays, et il s’empara de quelques indigènes et de trois mille chameaux, qu’il ramena vers