Page:Verne - Histoire des grands voyages et des grands voyageurs, Hetzel, 1870, tome 1.djvu/185

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s’avança jusqu’à Sierra Leone. Pendant le cours de cette expédition, il avait acheté de trafiquants maures, à la côte de Guinée, une dizaine de nègres qu’il ramena à Lisbonne et dont il se défit à très-haut prix, car ils excitaient vivement la curiosité publique. Telle fut l’origine de la traite des noirs, qui, pendant quatre siècles, devait enlever à l’Afrique tant de millions de ses habitants, et devenir la honte de l’humanité.

En 1441, Cada Mosto doubla le cap Vert et explora une partie de la côte inférieure. Vers 1446, les Portugais, s’avançant plus loin en pleine mer que leurs devanciers, relevèrent l’archipel des Açores. Dès lors, toute crainte est bannie. On a franchi cette ligne redoutable où l’on croyait que l’air brûlait comme le feu, les expéditions se succèdent sans relâche, et chacune revient après avoir augmenté le nombre des régions découvertes. Il semblait que cette côte d’Afrique ne dût jamais finir. Plus on avançait dans le sud, plus ce cap tant cherché, cette extrémité du continent qu’il fallait doubler pour gagner la mer des Indes, semblait reculer !

Depuis quelque temps le roi Jean II avait ajouté à ses titres celui de seigneur de Guinée. Déjà, avec le Congo, on avait découvert un nouveau ciel et des étoiles inconnues, lorsque Diogo Cam, dans trois voyages successifs, porta la connaissance de l’Afrique plus loin que ne l’avaient fait ses prédécesseurs, et faillit ravir à Dias l’honneur d’avoir reconnu la pointe australe du continent. Le point extrême qu’il atteignit gît par 21° 50’ sud. C’est le cap Cross, où il éleva, suivant la coutume,