Page:Verne - Histoire des grands voyages et des grands voyageurs, Hetzel, 1870, tome 1.djvu/203

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— l’Amiral, portant droit au sud, fit quinze lieues avant le coucher du soleil. Donnant alors la route au sud-est, il mit le cap sur les Canaries, afin d’y réparer la Pinta dont le gouvernail s’était démonté, peut-être par le mauvais vouloir du timonier, que le voyage effrayait. Dix jours plus tard, Christophe Colomb mouillait devant la Grande-Canarie, où il réparait l’avarie de la caravelle. Dix-neuf jours après, il jetait l’ancre devant Gomère, dont les habitants lui confirmèrent l’existence « l’une terre inconnue dans l’ouest de l’archipel.

Christophe Colomb ne quitta pas cette île avant le 6 septembre. Il avait reçu avis que trois navires portugais l’attendaient au large avec l’intention de lui couper la route. Mais, sans tenir compte de cet avertissement, il mit à la voile, évita habilement la rencontre de ses ennemis, donna la direction exactement à l’ouest, et perdit enfin toute terre de vue.

Pendant le cours de son voyage, l’Amiral eut le soin de cacher à ses compagnons la véritable distance du chemin parcouru chaque jour ; il l’amoindrissait sur ses relevés quotidiens, afin de ne pas effrayer davantage ses matelots, en leur faisant connaître l’éloignement réel des terres de l’Europe. Chaque jour aussi, il observait attentivement ses boussoles, et c’est à lui qu’on doit certainement la découverte de la variation magnétique, dont il tint compte dans ses calculs. Mais ses pilotes s’inquiétaient fort en voyant ces boussoles « nord-ouester », suivant leur expression.

Le 14 septembre, les matelots de la Nina aperçu-