Page:Verne - Histoire des grands voyages et des grands voyageurs, Hetzel, 1870, tome 1.djvu/222

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Suivant l’opinion de Colomb, la peinture rouge, noire ou blanche dont ils enduisaient leur corps servait surtout à les préserver contre les atteintes du soleil. Les maisons de ces indigènes étaient jolies et bien construites. Lorsque Colomb les interrogeait sur le pays qui produisait de l’or, ces indigènes indiquaient vers l’est une contrée qu’ils nommaient Cibao, dans laquelle l’Amiral s’obstinait à voir le Cipango du Japon.

Le jour de Noël, un grave accident survint à la caravelle de l’Amiral. C’était la première avarie de cette navigation jusque-là si heureuse. Un timonier inexpérimenté tenait la barre de la Santa-Maria pendant une excursion hors du golfe de Saint-Thomas ; la nuit venue, il se laissa prendre par des courants qui le jetèrent sur des roches. La caravelle toucha et son gouvernail fut engagé. L’Amiral, réveillé au choc, accourut sur le pont. Il ordonna d’établir une ancre à l’avant, afin de se touer et de relever son navire. Le maître et quelques matelots chargés de l’exécution de cet ordre sautèrent dans la chaloupe ; mais, pris de frayeur, ils s’enfuirent à toutes rames du côté de la Nina.

Cependant, la marée baissait. La Santa-Maria s’engravait de plus en plus. Il fallut couper ses mâts pour l’alléger, et bientôt il devint urgent de transporter son équipage à bord de sa conserve. Le cacique Guacanagari, comprenant la fâcheuse situation de la caravelle, accourut avec ses frères, ses parents qu’accompagnaient un grand nombre d’Indiens, et il aida à décharger le bâtiment. Grâce à ses soins, pas un objet de la cargaison