Page:Verne - Histoire des grands voyages et des grands voyageurs, Hetzel, 1870, tome 1.djvu/251

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


des habitants, qui étaient nombreux. Vers l’occident, au delà de la pointe d’Alcatraz, le pays était magnifique, et les indigènes affirmaient qu’on y récoltait beaucoup d’or et de perles.

Colomb aurait voulu relâcher pendant quelque temps sur cette partie de la côte ; mais il n’y voyait aucun abri sûr pour ses vaisseaux. D’ailleurs sa santé sérieusement altérée, sa vue assez gravement atteinte, lui prescrivaient le repos, et il avait hâte, pour lui, comme pour ses équipages fatigués, d’atteindre le port Isabelle, il s’avança donc en suivant la rive vénézuélienne, et, autant qu’il le put, il entretint des relations avec les indigènes. Ces Indiens étaient de complexion magnifique et d’agréable physionomie ; leur installation domestique prouvait un certain goût ; ils possédaient des maisons à façades dans lesquelles se trouvaient quelques meubles assez adroitement tournés. Des plaques d’or ornaient leur cou. Quant au pays, il était superbe ; ses fleuves, ses montagnes, ses forêts immenses en faisaient comme une terre de prédilection. Aussi l’Amiral baptisa-t-il cette harmonieuse contrée du nom de Gracia, et, par une longue discussion, il a cherché à prouver que là fut autrefois le berceau du genre humain, ce paradis terrestre qu’Adam et Ève habitèrent si longtemps. Pour expliquer jusqu’à un certain point cette opinion du grand navigateur, il ne faut pas oublier qu’il croyait être sur les rivages de l’Asie. Ce lieu enchanteur fut nommé par lui les Jardins.

Le 23 août, après avoir surmonté, non sans danger, non sans fatigues, les courants de ce détroit, Christo-