Page:Verne - Histoire des grands voyages et des grands voyageurs, Hetzel, 1870, tome 1.djvu/279

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Quant à Covilham, il gagna Aden où il s’embarqua pour la côte de Malabar. Il visita successivement Cananor, Calicut, Goa, et recueillit des informations précises sur le commerce et les productions des pays voisins de la mer des Indes, sans éveiller les soupçons des Hindous, bien éloignés de penser que l’accueil bienveillant et amical qu’ils faisaient au voyageur assurait la ruine et l’asservissement de leur patrie.

Covilham, croyant n’avoir pas encore assez fait pour son pays, quitta l’Inde, gagna la côte orientale d’Afrique, où il visita Mozambique, Sofala, depuis longtemps fameuse par ses mines d’or, dont la réputation était venue avec les Arabes jusqu’en Europe, et Zeila, l’Avalites portus des anciens, la ville principale de la côte d’Adel, à l’entrée du golfe arabique, sur la mer d’Oman. Après un assez long séjour dans cette contrée, il revint par Aden, alors le principal entrepôt du commerce de l’Orient, poussa jusqu’à l’entrée du golfe Persique, à Ormuz, puis, remontant la mer Rouge, il regagna le Caire.

Jean II avait envoyé deux juifs instruits qui devaient y attendre Covilham. Celui-ci remit à l’un d’eux, le rabbin Abraham Beja, ses notes, l’itinéraire de ses voyages et une carte d’Afrique qu’un musulman lui avait donnée, en le chargeant de porter le tout à Lisbonne, dans le plus bref délai possible.

Pour lui, non content de ce qu’il avait fait jusque-là, et voulant exécuter la mission que la mort avait empêché Païva d’accomplir, il pénétra en Abyssinie, dont le negous, connu sous le nom de prêtre Jean, flatté de