Page:Verne - Histoire des grands voyages et des grands voyageurs, Hetzel, 1870, tome 1.djvu/283

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son pavillon sur le Sam-Gabriel, de 120 tonneaux. Son frère, Paulo da Gama, monta le Sam-Raphael, de 100 tonneaux. Une caravelle de 50 tonneaux, le Berrio, ainsi nommée en souvenir du pilote Berrio qui l’avait vendue à Emmanuel Ier, eut pour capitaine Nicolas Coelho, marin expérimenté. Enfin une grande barque, chargée de provisions et de marchandises destinées au troc avec les naturels des pays qu’on visiterait, avait pour commandant Pedro Nuñes.

Pero de Alemquer, qui avait été le pilote de Bartholomeu Dias, devait régler la marche de l’expédition.

Le personnel de la flotte, y compris dix malfaiteurs qu’on avait embarqués pour remplir des missions dangereuses, s’élevait à cent soixante personnes.

Comparés à la grandeur de la mission que ces hommes allaient accomplir, quels faibles moyens, quelles ressources presque dérisoires !

Le 8 juillet, aux premiers rayons du soleil, Gama, suivi de ses officiers, s’avance vers les bâtiments au milieu d’un immense concours de peuple. Autour de lui se déploie un cortège de moines et de religieux, qui chantent des hymnes sacrées et demandent au ciel, d’étendre sa protection sur les voyageurs.

Ce dut être une scène singulièrement émouvante que ce départ de Rastello, alors que tous, acteurs et spectateurs, mêlaient leurs chants, leurs cris, leurs adieux et leurs pleurs, tandis que les voiles, gonflées par un vent favorable, entraînaient vers la haute mer Gama et la fortune du Portugal.