Page:Verne - Histoire des grands voyages et des grands voyageurs, Hetzel, 1870, tome 1.djvu/301

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Cet espoir fut déçu, et la caravelle n’arriva à Terceira que pour y enterrer le brave et sympathique Paul da Gama.

A son retour, qui dut avoir lieu dans les premiers jours de septembre, l’amiral fut accueilli par des fêtes pompeuses. Des cent soixante Portugais qu’il avait emmenés, cinquante-cinq seulement revenaient avec lui. La perte était grande, assurément ; mais qu’était-elle, comparée aux avantages considérables que l’on se promettait ! Le public ne s’y trompa pas, et fit à Gama la réception la plus enthousiaste. Quant au roi Emmanuel Ier, il ajouta à ses titres propres ceux de seigneur de la conquête et de la navigation de l’Éthiopie, de l’Arabie, de la Perse et des Indes ; mais il attendit plus de deux ans avant de récompenser Gama et de lui conférer le titre d’amiral des Indes, qualité qu’il était autorisé à faire précéder de la particule dom qu’on accordait si difficilement alors. Puis, sans doute pour faire oublier à Vasco da Gama le retard qui avait été apporté à récompenser ses services, il lui fit don de mille écus, somme considérable pour l’époque, et il lui concéda sur le commerce des Indes, certains privilèges qui ne devaient pas tarder à l’enrichir.