Page:Verne - Histoire des grands voyages et des grands voyageurs, Hetzel, 1870, tome 1.djvu/326

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Cependant, les victoires d’Almeida, les conquêtes d’Albuquerque, avaient profondément inquiété le Soudan d’Égypte. La route d’Alexandrie abandonnée, c’était une diminution considérable dans le rendement des impôts et des droits de douane, d’ancrage et de transit qui frappaient les marchandises asiatiques traversant ses États. Aussi, avec le concours des Vénitiens qui lui fournirent les bois de construction nécessaires, ainsi que d’habiles matelots, il arma une escadre de douze navires de haut bord, qui vint chercher jusqu’auprès de Cochin la flotte de Lourenço d’Almeida et la défit dans un sanglant combat où celui-ci fut tué.

Si la douleur du vice-roi fut grande à cette triste nouvelle, du moins il n’en laissa rien paraître et mit tout en œuvre pour tirer une prompte vengeance des Roumis, appellation sous laquelle perce la longue terreur causée par le nom des Romains et commune alors sur la côte de Malabar à tous les soldats musulmans venus de Byzance. Avec dix-neuf voiles, Almeida se rendit d’abord devant le port où son fils avait été tué et remporta une grande victoire, souillée, nous devons l’avouer, par de si épouvantables cruautés qu’il fut bientôt à la mode de dire : « Puisse la colère des Franguis tomber sur toi comme elle est tombée sur Daboul ». Non content de ce premier succès, Almeida anéantit quelques semaines plus tard devant Diu les forces combinées du Soudan d’Égypte et du radjah de Calicut.

Cette victoire eut un prodigieux retentissement dans