Page:Verne - La Chasse au Météore, Hetzel, 1908.djvu/11

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.
5
LA CHASSE AU MÉTÉORE
La maison du Juge John Proth.

philosophie. Né à Whaston, il n’avait, même en sa première jeunesse, que peu ou pas quitté Whaston, et il était aussi considéré qu’aimé de ses justiciables qui le savaient dépourvu de toute ambition.

Un sens droit le guidait. Il se montrait toujours indulgent aux faiblesses et parfois aux fautes d’autrui. Arranger les affaires évoquées devant lui, renvoyer réconciliés les adversaires qui se présentaient à son modeste tribunal, arrondir les angles, huiler les rouages, adoucir les heurts inhérents à tout ordre social, si perfectionné qu’il puisse être, c’est ainsi qu’il comprenait sa mission.

John Proth jouissait d’une certaine aisance. S’il remplissait ces fonctions de juge, c’était par goût, et il ne songeait point à monter à de plus hautes juridictions. Il aimait la tranquillité pour lui et pour les autres. Il considérait les hommes comme des voisins d’existence avec lesquels on a tout intérêt à vivre en bons termes. Il se levait tôt et se couchait tôt. S’il lisait quelques auteurs favoris de l’Ancien et du Nouveau Monde, il se contentait d’un brave et honnête journal de la ville, le Whaston