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LA CHASSE AU MÉTÉORE

— Et comment va ?… Rudement content de vous voir, vous savez.

— Je vais comme un homme qui est sur le point de prendre le train. Tel que vous me voyez, muni de cette sacoche en bandoulière, dans laquelle sont inclus trois mouchoirs et plusieurs autres articles de toilette, je cours de ce pas sur le bord de la mer, où je me saoulerai de grand air pendant huit jours.

— Veinard ! approuva Zéphyrin Xirdal.

— Il dépend de vous de l’être autant que moi. En nous serrant, nous nous caserions bien tous les deux dans le train.

— Au fait !… commença Zéphyrin Xirdal.

— À moins que vous ne soyez en ce moment retenu à Paris ?

— Nullement.

— Vous n’avez rien de particulier ?… Pas d’expérience en cours ?… »

Xirdal chercha de bonne foi dans ses souvenirs.

« Rien du tout, répondit-il.

— Dans ce cas, laissez-vous tenter. Huit jours de vacances vous feront un bien énorme. Et quelles bavettes nous taillerons sur le sable !

— Sans compter, interrompit Xirdal, que je pourrai en profiter pour élucider un point qui me tracasse au sujet des marées. Cela se relie par certains côtés à des problèmes généraux que j’ai à l’étude. Je pensais précisément à cela, quand je vous ai rencontré, affirma-t-il avec une touchante sincérité.

— Alors, c’est oui ?

— C’est oui.

— En route, donc !… Mais, j’y pense, il faudrait d’abord passer chez vous, et je ne sais si l’heure du train…

— Inutile, répondit Xirdal avec conviction, j’ai là tout ce qu’il faut. »

Et le distrait montrait de l’œil le paquet des vingt-sept bocaux.

« Parfait ! » conclut gaiement Marcel Leroux.

Les deux amis se remirent en marche, à larges enjambées, dans la direction de la gare.

« Vous comprenez, mon cher Leroux, je suppose que la tension superficielle… »

Un couple, qu’ils croisaient, força les deux causeurs à s’écarter l’un de l’autre, et le reste se perdit dans le vacarme des voitures.