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LA JANGADA.

Une liane gigantesque reliait entre eux tous ces parasites ; elle faisait plusieurs fois le tour de la maison, elle s’accrochait à tous les angles, elle s’enguirlandait à toutes les saillies, elle se bifurquait, elle « touffait », elle jetait à tort et à travers ses fantaisistes ramicelles, elle ne laissait plus rien voir de l’habitation, qui semblait être enfouie sous un énorme buisson en fleur.

Attention délicate et dont on reconnaîtra aisément l’auteur, l’extrémité de ce cipo allait s’épanouir à la fenêtre même de la jeune mulâtresse. On eût dit d’un bouquet de fleurs toujours fraîches que ce long bras lui tendait à travers la persienne.

En somme, tout cela était charmant. Si Yaquita, sa fille et Lina furent contentes, il est inutile d’y insister.

« Pour peu que vous le vouliez, dit Benito, nous planterons des arbres sur la jangada.

— Oh ! des arbres ! répondit Minha.

— Pourquoi pas ? reprit Manoel. Transportés avec de bonne terre sur cette solide plate-forme, je suis certain qu’ils prospéreraient, d’autant mieux qu’il n’y a pas de changements de climat à craindre pour eux, puisque l’Amazone court invariablement sous le même parallèle !

— D’ailleurs, répondit Benito, est-ce que le fleuve