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FRAGOSO À L’OUVRAGE.

lon, empanaché des couleurs brésiliennes, ne s’élevait au-dessus d’une guérite, toujours veuve de sa sentinelle, et si quatre petits pierriers de bronze n’étaient là pour canonner au besoin toute embarcation qui n’avancerait pas à l’ordre.

Quant au village proprement dit, il est situé en contre-bas, au delà du plateau, Un chemin, qui n’est qu’un ravin ombragé de ficus et de miritis, y conduit en quelques minutes. Là, sur une falaise de limon à demi crevassée, s’élèvent une douzaine de maisons recouvertes de feuilles de palmier « boiassu », disposées autour d’une place centrale.

Tout cela n’est pas fort curieux, mais les environs de Tabatinga sont charmants, surtout à l’embouchure du Javary, qui est assez largement évasée pour contenir l’archipel des îles Aramasa. En cet endroit se groupent de beaux arbres, et, parmi eux, grand nombre de ces palmiers dont les souples fibres, employées à la fabrication des hamacs et des filets de pêche, font l’objet d’un certain commerce. En somme, ce lieu est un des plus pittoresques du Haut-Amazone.

Tabatinga, d’ailleurs, est destinée à devenir, avant peu, une station assez importante, et elle prendra, sans doute, un rapide développement. Là, en effet, devront s’arrêter les vapeurs brésiliens qui