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une reine du tarryani.

CHAPITRE IV

une reine du tarryani.


Cette observation du fournisseur termina notre visite au kraal. L’heure était venue de regagner Steam-House.

En somme, le capitaine Hod et Mathias Van Guitt ne se séparaient pas les deux meilleurs amis du monde. Si l’un voulait détruire les fauves du Tarryani, l’autre voulait les prendre, et cependant il y en avait assez pour les contenter tous les deux.

Il fut pourtant convenu que les rapports seraient fréquents entre le kraal et le sanitarium. On s’avertirait réciproquement des beaux coups à faire. Les chikaris de Mathias Van Guitt, très au courant de ce genre expédition, connaissant les détours du Tarryani, étaient à même de rendre service au capitaine Hod, en lui signalant des passes d’animaux. Le fournisseur les mit obligeamment à sa disposition, et plus spécialement Kâlagani. Cet Indou, bien que récemment entré dans le personnel du kraal, se montrait très entendu, et l’on pouvait absolument compter sur lui.

En revanche, le capitaine Hod promit d’aider, dans la limite de ses moyens, à la capture des fauves qui manquaient au stock de Mathias Van Guitt.

Avant de quitter le kraal, sir Edward Munro, qui ne comptait probablement pas y faire de fréquentes visites, remercia encore une fois Kâlagani, dont l’intervention l’avait sauvé. Il lui dit qu’il serait toujours le bienvenu à Steam-House.

L’Indou s’inclina froidement. Quelque sentiment de satisfaction qu’il éprouvât à entendre ainsi parler l’homme qui lui devait la vie, il n’en laissa rien paraître.

Nous étions rentrés pour l’heure du dîner. Mathias Van Guitt, on le pense bien, fit les frais de la conversation.

« Mille diables ! quels beaux gestes il vous a, ce fournisseur ! répétait le ca-