Page:Verne - Le Château des Carpathes.djvu/203

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Le baron de Gortz et Orfanik étaient déjà au fond du chevet. Franz ne les perdait pas du regard. Par quelle issue allaient-ils sortir ? Serait-ce une porte donnant sur l’une des cours de l’enceinte, ou quelque couloir intérieur qui devait raccorder la chapelle avec le donjon, car il semblait que toutes les constructions du burg communiquaient entre elles ? Peu importait, si le jeune comte ne rencontrait pas un obstacle qu’il ne pourrait franchir.

En ce moment, quelques paroles furent encore échangées entre le baron de Gortz et Orfanik.

« Il n’y a plus rien à faire ici ?

— Rien.

— Alors séparons-nous.

— Votre intention est toujours que je vous laisse seul dans le château ?…

— Oui, Orfanik, et partez à l’instant par le tunnel du col de Vulkan.

— Mais vous ?…

— Je ne quitterai le burg qu’au dernier instant.

— Il est bien convenu que c’est à Bistritz que je dois aller vous attendre ?

— À Bistritz.

— Restez donc, baron Rodolphe, et restez seul, puisque c’est votre volonté.

— Oui… car je veux l’entendre… je veux l’entendre encore une fois pendant cette dernière nuit que j’aurai passée au château des Carpathes ! »

Quelques instants encore et le baron de Gortz, avec Orfanik, avait quitté la chapelle.

Bien que le nom de Stilla n’eût pas été prononcé dans cette conversation, Franz l’avait bien compris, c’était d’elle que venait de parler Rodolphe de Gortz.