Page:Verne - Le Village aérien, Hetzel, 1918.djvu/112

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aux grands yeux de gazelle, et dont le missionnaire anglais Albert Lhyd a constaté l’existence entre l’Ouganda et la Cabinda, plus de dix mille, abrités sous la ramure ou perchés sur les grands arbres, ces Bambustis, ayant un chef auquel ils obéissaient ?… Est-ce que dans les bois de Ndouqourbocha, après avoir quitté Ipoto, il n’avait pas traversé cinq villages, abandonnés de la veille par leur population lilliputienne ? Est-ce qu’il ne s’était pas trouvé en présence de ces Ouambouttis, Batinas, Akkas, Bazoungous, dont la stature ne dépassait pas cent trente centimètres, réduite même, pour certains d’entre eux, à quatre-vingt-douze, et d’un poids inférieur à quarante kilogrammes ? Et, cependant, ces tribus n’en étaient pas moins intelligentes, industrieuses, guerrières, redoutables, avec leurs petites armes, aux animaux comme aux hommes, et très craintes des peuplades agricoles des régions du haut Nil ?…

Aussi, emporté par son imagination, son appétit des choses extraordinaires, Max Huber s’obstinait-il à croire que la forêt de l’Oubanghi devait renfermer des types étranges, dont les ethnographes ne soupçonnaient pas l’existence… Pourquoi pas des humains qui n’auraient qu’un œil comme les Cyclopes de la Fable, ou dont le nez, allongé en forme de trompe, permettrait de les classer, sinon dans