Page:Verne - Le Village aérien, Hetzel, 1918.djvu/23

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les ravages sont les plus à craindre. Aussi, pénétré de ces principes, servi par une vieille expérience, le Portugais Urdax, en prenant un soin extrême de ses hommes, avait-il réussi jusqu’alors dans ces lucratives expéditions au centre de l’Afrique équatoriale.

Et telle était cette dernière, puisqu’elle lui valait un stock considérable d’ivoire de belle qualité, rapporté des régions au delà du Bahar-el-Abiad, presque sur la limite du Darfour.

Ce fut sous l’ombrage de magnifiques tamarins que s’organisa le campement, et, lorsque John Cort, après que les porteurs eurent commencé le déballage des provisions, interrogea le Portugais, voici la réponse qu’il obtint, en cette langue anglaise qu’Urdax parlait couramment :

« Je pense, monsieur Cort, que le lieu de la halte est convenable, et la table est toute servie pour nos attelages.

— En effet, ils auront là une herbe épaisse et grasse… dit John Cort.

— Et on la brouterait volontiers, ajouta Max Huber, si on possédait la structure d’un ruminant et trois estomacs pour la digérer !

— Merci, répliqua John Cort, mais je préfère un quartier d’antilope grillé sur les charbons, le biscuit dont nous sommes largement approvisionnés, et nos quartauts de madère du Cap…