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le chilkoot.

toute la philosophie de tous les philosophes anciens et modernes pour accepter les abominations d’un tel voyage, surtout lorsque rien ne vous oblige à le faire ! »

Pendant les rares accalmies, éclataient des cris de douleur et de terreur, des imprécations horribles. Aux gémissements des blessés que le vent roulait à la surface du sol, se mêlaient les aboiements, les hennissements, les beuglements des bêtes errant effarées à travers le plateau.

L’aube du 30 avril parut enfin. Bill Stell donna le signal du départ. Les chiens, remplaçant les mules, furent attelés aux traîneaux sur lesquels d’ailleurs personne ne prit place, et la descente commença.

Grâce à la prudence et à l’expérience du Scout, elle s’effectua sans accidents, sinon sans fatigues, et les deux traîneaux atteignirent heureusement la plaine, à l’issue de la passe du Chilkoot. Le temps devenait plus favorable. Le vent, moins vif, tournait à l’Est, et le thermomètre remontait. Fort heureusement, il se maintenait toutefois au-dessous de zéro, car le dégel eût rendu la marche plus difficile.

Au pied de la montagne, nombre d’émigrants étaient réunis dans un campement en attendant que leur matériel les eût rejoints. L’emplacement était vaste et l’encombrement moins considérable que sur le plateau supérieur. À l’entour s’étendaient des bois où les tentes pouvaient être dressées en toute sécurité.

Ce fut là que la caravane vint passer la nuit. Le lendemain elle se remettait en route, et, par un chemin assez facile, arrivait vers midi à la pointe méridionale du lac Lindeman.