Page:Verne - Les Cinq Cents Millions de la Bégum - Les Révoltés de la Bounty.djvu/180

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les cinq cents millions de la bégum.

gnonne, pour être plus assuré encore que je ne me trompais pas, pour pouvoir enfin te dire et te faire dire par ta mère que nous approuvons le chemin qu’a pris ton cœur, que ton choix comble tous nos vœux, et que, pour épargner à l’homme pauvre et fier dont il s’agit de faire une demande à laquelle sa délicatesse répugne, cette demande, c’est moi qui la ferai, — oui ! je la ferai, parce que j’ai lu dans son cœur comme dans le tien ! Sois donc tranquille ! Á la première bonne occasion qui se présentera, je me permettrai de demander à Marcel, si, par impossible, il ne lui plairait pas d’être mon gendre !… »

Pris à l’improviste par cette brusque péroraison, Marcel s’était dressé sur ses pieds comme s’il eût été mû par un ressort. Octave lui avait silencieusement serré la main pendant que le docteur Sarrasin lui tendait les bras. Le jeune Alsacien était pâle comme un mort. Mais n’est-ce pas l’un des aspects que prend le bonheur, dans les âmes fortes, quand il y entre sans avoir crié : gare !…


CHAPITRE XX

conclusion


France-Ville, débarrassée de toute inquiétude, en paix avec tous ses voisins, bien administrée, heureuse, grâce à la sagesse de ses habitants, est en pleine prospérité. Son bonheur, si justement mérité, ne lui fait pas d’envieux, et sa force impose le respect aux plus batailleurs.

La Cité de l’Acier n’était qu’une usine formidable, qu’un engin de destruction redouté sous la main de fer de Herr Schultze ; mais, grâce à Marcel Bruckmann, sa liquidation s’est opérée sans encombre pour personne, et Stahlstadt est devenue un centre de production incomparable pour toutes les industries utiles.

Marcel est, depuis un an, le très-heureux époux de Jeanne, et la naissance d’un enfant vient d’ajouter à leur félicité.

Quant à Octave, il s’est mis bravement sous les ordres de son beau-frère, et le seconde de tous ses efforts. Sa sœur est maintenant en train de le marier à l’une de ses amies, charmante d’ailleurs, dont les qualités de bon sens et de raison garantiront son mari contre toutes rechutes.